Trop innovante ?
La Lotus 88, ci-dessus avec Elio de Angelis au volant, est une voiture de Formule 1 innovante conçue par Colin Chapman, Peter Wright, Tony Rudd et Martin Ogilvie de Lotus dans le but de maximiser l’appui aérodynamique produit par l’effet de sol.
La Lotus 88 fit ses débuts lors de la première séance d’essais libres du Grand Prix des États-Unis Ouest, manche d’ouverture de la saison 1981, à Long Beach, mais ne fut finalement pas autorisée à participer à la course. Elle demeura néanmoins la première Formule 1 à utiliser un châssis monocoque en fibre de carbone pour ses débuts en Grand Prix.
La 88 utilisait un système ingénieux de double châssis, l’un emboîté dans l’autre. Le châssis intérieur, qui abritait le cockpit, était suspendu indépendamment du châssis extérieur, conçu pour absorber les contraintes liées à l’effet de sol. Dépourvu d’ailerons apparents, le châssis extérieur constituait en réalité un immense système d’effet de sol, s’étendant de l’arrière de la voiture jusqu’à l’intérieur des roues arrière, générant ainsi une force d’appui considérable.
La voiture était propulsée par le moteur Ford Cosworth DFV. Les pilotes Lotus, Nigel Mansell et Elio de Angelis, déclaraient qu’elle était agréable à piloter et réactive. Afin de minimiser les contraintes aérodynamiques, la voiture était construite en grande partie en fibre de carbone, devenant ainsi la première Formule 1 à utiliser ce matériau en grande quantité, suivie très peu de temps après par la McLaren MP4/1.
D’autres équipes, indignées par cette exploitation du règlement, déposaient des protestations auprès de la FIA, arguant que le châssis monocoque à double paroi contrevenait aux règles relatives aux éléments aérodynamiques mobiles. La FIA validait les protestations et par conséquent interdisait la participation de la voiture.
Chapman était catégorique : la voiture était conforme à la réglementation. Il contestait systématiquement les arguments des autres équipes et de la FIA, mais la décision restait inchangée. La situation était telle que si la Lotus 88 était engagée au Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone, l’équipe allait perdre ses points au championnat et la course elle-même perdrait son statut de manche du championnat.
Chapman fut donc contraint de modifier deux de ses châssis Lotus 87 pour remplacer son projet avorté. La Lotus 88 demeure une curiosité d’une époque révolue de la Formule 1. Certains éléments aérodynamiques et de conception de la 88 furent repris pour la Lotus 91, qui fut compétitive en 1982.

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